Ultra Raid de la Meije
Tout est dans le titre. Le terme "Raid" ne fait
pas ici référence à un raid multisport. Il pourrait à la limite signifier que
c'est un raid vtt mais là encore, l'organisateur préfère parler de vélo de
Montagne (avec un grand M). Non le terme
"Raid" fait référence à l'inclinaison des terrains traversés lors de
cette course.
Le terme "Ultra" n'est pas à prendre à la légère
non plus. Ultra dur, Ultra exigeant, Ultra beau, Ultra joueur ... il y en a
pour tout le monde mais surtout pour ceux qui sont en forme et qui n'ont pas
peur de la pente et des gros cailloux.
Enfin, la Meije, pays d'aventures et de paysages
magnifiques, de singles en balcons, de lac miroirs, de glaciers glaçants, et de
sommets imposants.
Dès le vendredi, le week end s'annonce parfait, la météo est
on ne peut mieux, Laurent nous as tout organisé, on n'a plus qu'à mettre les
pieds sur les pédales et les mains sur le guidon.
Le vendredi soir, après le briefing, on se retrouve tous au
gîte autour d'un bon repas. Chacun a son objectif, pour le week end, faire le
raid intégralement le samedi (112 km et 5000m D+) ou le faire en 2 étapes
(70km/3000mD+ puis 50km/2500mD+) ou encore ne faire qu'une étape sur les 2. En
tout cas, cela fait du bien de se revoir et de vivre ces moments ensemble. Le
départ étant à 6h, il faudra se lever tôt, donc on ne traîne pas ce soir, une
fois les vélos et les affaires préparées, tout le monde au lit. (Sauf pour Will
qui change son pneu avant et pose une chambre à air au dernier moment ... tsss)
A 5h30 à Villard d'arène, les vttistes commencent à arriver,
nous y sommes depuis 30 minutes, certains font un petit somme, d'autre font
régler leur freins par le mécano de l'orga et enfin la dernière se fait
interviewer et se mélange les pinceaux entre son prénom et celui qui est marqué
sur sa plaque de cadre...
A 6h, le départ est lancé, sans bruits, sans cérémonie... la
montagne s'en chargera. Dès les premiers mètres, les bouchons se créés, il faut
dire que nous (raid 2 jours) sommes partis derrière ceux qui compte le faire en
1 seul jour. Il faut donc faire l’effort dès le départ au risque de se griller
pour ensuite être plus tranquille dans les montées suivantes.
1h plus tard, la nuit a laissé place au jour, les nuages
commencent à se dissiper et à dévoiler les montagnes ensoleillées, la montée au
galibier passe finalement assez vite et on finit par un joli portage dans les
nuages. J'atteins le col le couteau entre les dents, prêt à en découdre avec la
descente annoncée comme très technique. C'est un doux euphémisme, je me fait
secouer dans tous les sens, je descend du vélo pour passer un passage
technique, puis re-saute dessus pour repartir de plus belle. Je me fait doubler
par des fusées, mais je me rassure en me disant que ce ne sont que des
tout-suspendu qui me double et aucun semi-rigide. (On essaye de se rassurer
comme on peut ^^).
La descente est rapidement avalée au regard de la montée.
Tant mieux, la montée est à mon avantage, et c'est moins risqué.
Les ravitaillements sont nombreux, simples mais efficaces,
saucisson, fromage, chips, le trio gagnant agrémenté d'un petit coca et c'est repartis.
Les bénévoles sont aux petits soins. le 2ème col est en vue après un magnifique
single en balcon, pas trop le droit à l'erreur, mais ca passe globalement bien
sur le vélo. La descente qui suit fait peur, des gros cailloux dans tous les
sens, des graviers qui dérapent, heureusement c'est plutôt sec... je fait plus
du run and bike que du vtt mais ca reste efficace car il n’y a que des tout
suspendu qui me doublent et encore, ils ne sont pas nombreux.
De retour au col du lautaret, ca fait maintenant 50 km et 5h
que je suis partis, c'est là mes limites et je commence à peiner dans les
montées. Mais il reste encore 2-3 surprises ! tout d'abord un tunnel, plat, de
3 km, tout noir... mes yeux peinent à s'habituer à l'obscurité et à ma pauvre
frontale. Je roule donc doucement jusqu'à ce qu'un vélo me rattrape et que son
phare m'éclaire. Ensuite le ravito 5 étoiles ou les gars sonnent les cloches,
huilent ton vélo, remplissent ta gourde... ils seraient prêt à finir à ma place
mais je ne compte pas abandonner, j'ai encore du jus. Enfin un beau petit
single me rebooste un peu le temps de me rendre compte qu'il reste une belle
côte de 400-500mD+ avant de basculer définitivement (pour les 70km) sur La
Grave. Je termine fatigué mais heureux d’avoir vécu cette expérience. D’autant
plus que le résultat est au delà de mes espérances sur cette distance un peu
longue pour moi. Cédric arrive juste après, on aurait pu rouler ensemble mais
je ne savais pas qu’il était si proche de moi.
De retour au gîte, c’est atelier mécanique pour vérifier que
la bête est prête à repartir demain. J’ai donc le droit de faire un
aller/retour express pour aller acheter des plaquettes de freins pour espérer
pouvoir freiner demain.
Ce dimanche c’est grasse matinée, le départ n’est qu’à 9h,
mais je me prend un petit coup de stress au dernier moment car je veux pouvoir
bien me placer sur la ligne de départ. Aujourd’hui il n’y a que 50km et il
paraitrait que c’est un chouilla plus roulant.
Je décide de partir à bloc et voir ensuite si j’arrive à
tenir quitte à exploser en vol.
La première montée nous fait affronter des pourcentages
inavouables. Quand je bascule sur la première petite descente sur le chazelet,
je dois être dans les 10 premiers, j’ai souffert mais je suis encore bien. Je
suis talonné de près par Florian un gars avec qui j’avais discuté la veille et
qui avait terminé 30 min avant moi. Ce coup ci pas question de lacher, je fait
donc l’effort pour le garder à distance, sur le replat, puis dans la montée
suivante où nous alternons poussée, portage et pédalage. Là encore, à jouer à
attrape moi si tu peux, la montée passe plutôt vite. J’ai toujours ma légère
avance sur Florian lorsque j’attaque la descente sur un petit sentier très
roulant mais un peu creusé, la concentration est de mise, mais c’est le genre
de descente que j’aime, je reprend donc de l’avance. Arrive ensuite LA descente
sur Besse, super joueuse, tout passe sur le vélo, on ne voit pas le temps
passé, lorsque j’arrive en bas, je n’ai qu’une envie : la refaire. Mais il faut
d’abord remonter les 100m que je viens de descendre. Je fait un petit stop
stratégique au ravito (j’ai sauté tous les autres jusque là) pour remplir ma
gourde et manger un coup. Et je repars alors que Florian n’est toujours pas
arrivé. J’ai donc bien creusé l’écart sur ces 2 descente, ca me rassure car je
m’y suis senti bien. Viens alors la longue remontée sur piste forestière où dès
le début on voit l’arrivée, tout là haut. Je commence sur un rythme assez
tranquille, mais rapidement au détour d’un lacet, je vois Florian qui est
revenu à 1min de moi. Les 45 minutes qui suivent n’ont été qu’un jeu mental,
Florian se rapprochant inexorablement malgré toutes les relances que j’ai pu
faire. La vue de la fin de la montée me rebooste et je repars mach 1 dans la “descente”
sur le plateau d’emparis pour m’apercevoir qu’il y a une seconde montée un peu
plus technique juste après. La paysage est juste magique, le lac Noir face au
glacier de la grave sont majestueux. Je poursuis mon effort puis atteint la
dernière descente, tout en lacets, avec des jolis pièges par-ci par là. Pas de
Florian en vue, je relache la pression et me concentre pour ne pas faire
d’erreur. J’atteins la portion très aérienne de la chapelle, que je passe à
pied à côté du vélo. Je croise greg qui est venu nous encourager après son
épopée de la veille. Et je fini comme j’ai commencé, à bloc, au sprint. Et le
résultat est au delà de mes rêves les plus fous, 7ème sur cette 2éme étapes,
9eme au général. Cédric arrive peu après, cramé, cuit, je me marre, je n’étais
pas mieux quelques minutes plus tôt.
L’après-midi avance vite, repas, douche, charger le vélo et
on rentre, des images plein la tête, et une sensation agréable d’avoir tout
donné et que tout se soit passé au mieux. Ce n’est pas impossible que j’y revienne
!
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